C’est Mars en septembre

Quand j’étais jeune, je lisais beaucoup de « Romans dont vous êtes le héros ». Vous savez, ces romans interactifs dans lesquels, à la fin de chaque page, le lecteur est invité à faire un choix : « Si tu décides d’écouter Zorg, poursuis en page 25. Si tu te méfies de ce drôle d’elfe et préfères continuer ton chemin, va en 129 ». Dans un même livre, plusieurs histoires se déploient donc en parallèle, en fonction des choix du lecteur.

Les éditions Fleurus ont adapté le concept au livre documentaire. L’histoire racontée n’est plus une fiction, mais un prétexte à apprendre des informations sur un sujet réel tout en vivant des aventures.

Les deux premiers opus des « Docu dont tu es le héros » ont pour titre Mission Pompéi et Mission Mars.

Je suis l’auteur du second. L’histoire se déroule dans les années 2030, lors d’une mission habitée vers Mars. Bien sûr, rien ne se passe pas comme prévu et les choix du lecteur/astronaute vont permettre de sauver la mission. Ou pas.

Si tu es intéressé par ce livre, dépêche-toi de cliquer ici pour en savoir plus.

Si tu veux voir à quoi ça ressemble pour de vrai, c’est ici qu’il faut aller.

Enfin, si tu préfères en savoir plus sur l’elfe Zorg, reviens sur ce site dans deux ans, le temps que j’écrive un livre sur le sujet…

Triste journée pour Nelly Martyl

Dans le prolongement de l’action humaniste et humanitaire qu’elle avait entamée pendant la Première Guerre mondiale, Nelly Martyl a créé en 1929 la Fondation Nelly Martyl. Ce dispensaire, construit au 129 rue de Belleville, sur un terrain appartenant à la Mairie de Paris, avait pour objectif d’offrir une aide médicale gratuite aux nécessiteux du quartier.

Voici Nelly devant sa fondation, le jour de l’inauguration :

 

 

 

 

 

 

Bien plus tard, la Mairie de Paris a installé dans les locaux de la Fondation une crèche municipale. En 2015, lorsque j’ai commencé à travailler sur La Fée de Verdun, le bâtiment était menacé de destruction, pour permettre la construction d’une nouvelle crèche et l’agrandissement du Monoprix voisin. J’en ai d’ailleurs fait le point de départ de mon livre.

Voici à quoi il ressemblait à ce moment-là, avec l’inscription « FONDATION NELLY MARTYL » bien visible sous le fronton.

 

 

 

 

 

Devant le projet de destruction de la Fondation, qui fait partie de la mémoire du quartier, plusieurs associations se sont mobilisées pour tenter de la sauver. Sandrine Degeorges a ainsi écrit à de nombreuses reprises à la Mairie et a même obtenu qu’une plaque commémorative soit apposée sur le bâtiment. La cérémonie, prévue pour le 21 janvier 2017, a été annulée au dernier moment. Pourquoi ?

Pour la raison suivante :

 

 

 

 

Le 27 avril 2017, les bulldozers ont rasé la Fondation.

Le temps et la Mairie de Paris ont fait leur triste ouvrage.

Une nouvelle trace de l’œuvre de Nelly Martyl vient de disparaître…

J’en suis très triste.

 

 

Deauville

La Fée de Verdun était sélectionnée pour le Prix des Ados, organisé par le Festival Livres & Musiques de Deauville. La cérémonie de remise du prix a eu lieu le vendredi 7 avril. Et quelle cérémonie ! Cela s’est passé dans l’impressionnante salle qui accueille chaque année le Festival du film américain de Deauville : 1500 collégiens venus de toute la Normandie y avaient pris place, ainsi que le maire de Deauville et Michel-Edouard Leclerc, dont les centres commerciaux sponsorisent le prix. Chaque auteur de la sélection a eu droit à sa petite interview, suivie par un morceau de musique en lien avec son livre : du rock pour le roman Run Billie, du hip-hop pour Master, des chansons de Gainsbourg pour le roman graphique Gainsbourg et un air d’opéra pour la Fée de Verdun. Si vous voulez l’écouter (et m’écouter !), c’est ici…

Post scriptum : et c’est Run Billie, de Claire Loup, qui a eu le Prix des Ados. Bravo à elle !

 

Un nouveau prix pour la Fée de Verdun

Aujourd’hui, les Prix Réal ont été décernés dans le magnifique cadre de la cité scolaire Michelet de Vanves. Organisés par la librairie l’Ange Bleu de Périgny, ce prix couronnent « des romans de vie » ancrés dans notre monde. Plusieurs dizaines de collèges et de bibliothèques de toute la France y participent, ce qui représente plusieurs centaines de lecteurs. La Fée de Verdun a obtenu le prix dans la catégorie 11-14 ans, ex-aequo avec Comment j’ai écrit un livre sans m’en rendre compte d’Annet Huizing. Ce prix me réjouit beaucoup : après le prix Historia, décerné par un jury d’adultes, c’est cette fois un jeune lectorat qui a aimé la Fée de Verdun. La remise du prix a été l’occasion de découvrir les travaux des lecteurs, invités à réaliser des affiches, des critiques littéraires et des vidéos sur les livres de la sélection. Une très belle rencontre !

Pas d’âge pour apprendre…

En France, on a souvent tendance à penser que les auteurs sont des êtres inspirés : ils ne sont que l’intermédiaire entre quelque chose qui viendrait d’en-haut – l’inspiration – et la feuille de papier.

Certains auteurs fonctionnent sans doute ainsi : lorsqu’ils se sentent prêts, ils s’asseyent à leur table et écrivent trente pages d’un coup, puis, une fois la source tarie, arrêtent et attendent de nouvelles idées.

Ce n’est pas ainsi que je travaille. J’ai toujours eu besoin de donner à mes romans une structure, une colonne vertébrale très forte.

Et comme il n’est jamais trop tard pour apprendre, j’ai assisté la semaine dernière à une Masterclass passionnante de John Truby, un « script doctor » américain qui a travaillé sur plus de 1 800 scénarios. Son métier : lorsqu’une histoire est un peu bancale, les studios hollywoodien font appel à lui pour retravailler le scénario.

Pendant trois jours, John Truby nous a présenté les techniques qu’il utilise pour construire une intrigue. Il nous a ainsi donné à voir la trame qui sous-tend la majorité des films produits à Hollywood – de Sueurs Froides à American Beauty en passant par Le Parrain, La Liste de Schindler ou Iron Man.

Alors, bien sûr, les recettes qu’il nous a données sont très générales. Chaque scénariste doit les adapter, les déformer, les bidouiller pour construire une œuvre personnelle. Et, bien évidemment, il existe des œuvres inclassables, qui semblent ne répondre à aucune règle précise.

Mais, personnellement, j’ai trouvé la démonstration de John Truby remarquable. Et je vais essayer d’utiliser ses conseils pour construire les intrigues de mes prochaines histoires, imaginer des héros attachants et des rebondissements incroyables…

Un musicien apprend le solfège, un peintre apprend à dessiner, pourquoi un auteur n’apprendrait-il pas les techniques de base pour bien raconter une histoire ?

Bonne année !

Bonne année 2017 à toutes et à tous, et une excellente santé !

Et puisque l’année 2016 a tiré sa révérence, et avec elle l’année du centenaire de la bataille de Verdun, j’en profite pour clore (temporairement peut-être…) une page que j’ai ouverte en janvier 2016, lorsque mon livre La Fée de Verdun a paru. J’avais alors décidé de mettre sur mon blog toutes les infos nouvelles, toutes les rencontres étonnantes, toutes les découvertes que je ferais concernant Nelly Martyl durant l’année du centenaire.

Vous pouvez retrouver ces informations ici !

Nouvelle parution

Petites devinettes :

  • Savez-vous pourquoi La Cène peinte par Johannes Vermeer, achetée une petite fortune en 1954, a été revendue 200 fois moins cher en 2005 ?
  • Combien Rodin a-t-il mis de personnages dans ses Bourgeois de Calais ?
  • Pourquoi les célèbres bandes de Daniel Buren font 8,7 cm de large ?
  • Combien mesure la plus longue peinture sur toile au monde ? (non, c’est bien plus !)
  • Dans une exposition, combien de temps un visiteur passe-t-il en moyenne devant chaque œuvre ? (non, c’est beaucoup moins…)

Toutes réponses, et bien d’autres encore, sont là :

capture(Mamie, tu dois cliquer sur l’image pour lire la suite…)

 

 

 

En hommage à Ariane et Lola

wp_20161116_19_24_39_pro-1Avant le 13 novembre 2015, je ne connaissais pas Ariane. Depuis cette terrible date, je pense souvent à elle : elle est là et elle m’accompagne.

Le 16 novembre 2016, une cérémonie très digne a eu lieu au Centre National du Livre (CNL), à deux pas du Musée d’Orsay, en hommage aux deux éditrices assassinées au Bataclan, Lola Salines et Ariane Theiller. En présence des parents de Lola, de la maman d’Ariane, et d’anciens collègues des deux jeunes femmes, une plaque commémorative a été dévoilée. « Par les livres, a déclaré Vincent Monadé, président du CNL, nous continuerons dans cette nuit obscure à proclamer l’aube. »

 

Nelly lauréate !

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Hier soir, dans le cadre somptueux du Petit Palais, j’ai assisté à la cérémonie de remise des Prix Historia 2016. Comme pour les César, tous les nommés avaient été conviés à l’événement. Autant dire que je n’en menais pas large, convaincu que je repartirais bredouille… La cérémonie était très bien organisée, avec un bel hommage à Alain Decaux. Et dans la catégorie du livre jeunesse, c’est finalement La Fée de Verdun qui l’a emporté ! Ce prix me remplit de joie car, de la part d’une revue d’Histoire aussi prestigieuse qu’Historia, c’est signe que j’ai fait un bon travail, historiquement sérieux.

Le Village aux Mille Roses

capture-1Le 13 novembre 2015, alors que je m’apprêtais à me coucher, j’ai découvert sur Internet qu’il se passait quelque chose de très grave à Paris et à Saint-Denis : au Stade de France, dans des bars du XIe arrondissement, au Bataclan. Tétanisé, j’ai suivi les événements en direct et, les jours suivants, je suis resté sous le choc. Je ne connaissais personnellement aucune victime, mais je connaissais personnellement plusieurs personnes qui, elles, connaissaient une victime blessée ou tuée.

Parmi elles, Ariane Theiller. Âgée de 24 ans, Ariane était au Bataclan lorsque les terroristes l’ont assassinée. Son parcours me touchait particulièrement parce que, d’une part, elle avait fait un stage chez Flammarion Jeunesse, mon éditeur historique, et, d’autre part, elle travaillait au moment de son décès chez Rustica, revue de jardinage où travaille mon frère.

Les jours suivants les attentats, totalement abasourdi, j’ai ressenti le besoin d’agir, de « faire quelque chose », pour reprendre l’expression de Lucie Aubrac au moment d’entrer en Résistance. Je voulais écrire quelque chose pour tenter de dire l’indicible, d’expliquer l’inexplicable aux enfants. C’est ainsi qu’est né le Village aux Mille Roses.

L’idée de parler de roses pour raconter la naissance d’une dictature et la montée du terrorisme m’est venue en découvrant, sur Internet, le message laissé par la rédaction de Rustica pour annoncer le décès d’Ariane. Un Internaute a émis l’idée de créer une nouvelle rose et de la baptiser Ariane. J’ai trouvé l’idée très belle et, comme je ne suis pas jardinier mais auteur, j’ai écrit un conte autour d’une rose noire.

Après plusieurs réécritures, mon texte a été accepté par Flammarion Jeunesse et magnifiquement mis en image par Romain Dumas. Le résultat est, je trouve, très beau. Pour la première fois depuis que j’écris des livres, j’ai l’impression d’avoir fait œuvre utile.